Tout commence toujours par une surprise. Quels que soient les mots, les images ou les impressions échangés auparavant, il y a toujours l'excitation et la curiosité de la rencontre.
Là il y avait aussi un sentiment instinctif que quelque chose de plus pouvait se passer.
La nuit, le froid et le brouillard accentuaient aussi le sentiment de crainte que l'on a quand on est prêt à se livrer dans un jeu de soumission. L'isolement rajoutait également à l'appréhension.
Ce fut immédiat et très naturel, à l'instant où l'on m'ordonna de me mettre nu et que l'on me tendit une cordelette, je la pris et attacha mon sexe en serrant au plus fort. Je serrais fort moi même, à en couper l'arrivée de sang et à stopper une érection naissante. Il n'y avait même pas besoin de me donner un ordre, c'était évident que je devais le faire, et le faire très fort, une fois attaché, je laissais la corde et commençais à me laisser aller.
Je ne m'appartenais plus, j'étais maintenant à Elle. Je m'abandonnais.
L'abandon est arrivé par le masque et la nudité. Malgré la douceur faisant tout accepter, plus rien ne se maîtrise quand on se retrouve dans le noir, matrice initiale reconstituée, enchaîné dans son imagination de l'instant qui va suivre et qui surprend pourtant.
Tout reste tellement cérébral mais aussi très physique, que ce soit les premières douleurs, les premières caresses ou les premières contraintes.
Là où l'itinéraire de cet abandon a pourtant vraiment commencé, c'est par un premier baiser, suivi d'une gifle violente.
Je fus étonnée par sa détermination à vaincre l’appréhension, renforcée par ce lieu isolé et si particulier… A se faire déposer la nuit, dans cette ruelle, par un taxi en plein brouillard. J’ai aimé le découvrir mal à l’aise et pourtant animé par cette envie réelle. Il découvrait un visage, un sourire, une femme qui s’apprêtait à lui faire baisser le regard, à décider de son sort entre ses bras.
J'ai ressenti que je baissais le regard et qu'Elle allait décider de mon sort quand Elle me dit, lors de la seconde rencontre, que j'étais à sa merci. Je la remerciais de me tenir à sa merci. Ce fut plus fort lors de cette seconde rencontre, l'abandon se fait bien sur plus confiant, j'acceptais même une certaine brutalité et une douleur plus intense, de s'ouvrir en particulier, ce qui est toujours difficile pour un homme, mais je m'y abandonnais entièrement, pour qu'Elle puisse aller au plus profond de moi et qu'Elle puisse explorer mon ventre à sa guise. Tout cela est pourtant si naturel que je sais que je peux accepter beaucoup plus.
La première fois, il a eu froid. Il tremblait dans mes bras. Froid ou tout simplement contre coup de ce moment si fort ? Je l’enveloppais d’une couverture et le serrais très fort dans mes bras enserrant mes jambes autour de lui. Plus confiant à la seconde entrevue, il pressentait mes caresses. Un homme qui s’abandonne entre mes mains… mes mains qui fouillent, qui entrent, qui prennent. Cris, gémissements… Mes mains qui caressent, ma bouche qui mort. La trace de mes dents entre ses cuisses.
Les cris sont des cris de douleur, de surprise, jamais de refus, puisque j'ai décidé de tout accepter et de tout admettre. Le cri fut très fort lorsque Ses dents marquèrent mes bourses, mais c'était peut être un: encore ! tant le fantasme castrateur est le plus fort de tous.
J’aime la surprise. La douleur surprend. Elle arrive sans être punition. Sans raison aucune. Juste pour mon plaisir et le sien. Infliger la douleur en restant raisonnée, maîtresse de moi-même et de mon excitation.
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